Guinėe: Manque d’eau à Kindia : le calvaire des femmes de Botowi (Linsan), oubliées par l’Etat

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    Comme dans la plupart des villages de la Guinée, le manque d’infrastructures de base est criard à Botowi, un district relevant de la sous-préfecture de Linsan, situé à 70 kilomètres de la ville de Kindia. Et le problème le plus préoccupant pour les habitants de la localité, c’est le manque d’eau. Trouver de l’eau à boire relève d’un véritable parcours du combattant pour les femmes de ce district, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

    Malgré son état de santé fragile, Rabiatou Sow, ménagère, ne déroge pas à la règle. Tant qu’elle peut se tenir débout et marcher, cette dame qui vit avec un seul enfant chez elle, est obligée de faire le même trajet chaque matin. Aujourd’hui encore, elle a dû se lever à 6 heures du matin pour venir faire la queue au marigot, à la recherche de quelques précieuses litres d’eau. A 10 heures du matin, cette ménagère est toujours sur les lieux, en train d’attendre son tour. Elle n’a pas autre choix que de patienter.

    « Il est extrêmement difficile d’avoir de l’eau ici. Moi, je suis venu ici depuis 6 heures du matin, mais je n’ai toujours pas pu avoir de l’eau parce que mon tour n’est pas encore arrivé. Parfois même, il y a des bagarres qui éclatent ici à cause de cette affaire de tour. Le problème, c’est que la seule source d’eau que nous avons. A part ici, il faut aller jusqu’à Yentén Khouré, Yébéki ou Kobadé, qui se situent à des kilomètres d’ici. Donc, c’est un véritable problème pour nous, parce qu’on ne peut pas vivre sans eau », explique Rabiatou Sow.

    Mme Fatoumata M’balou Bah, porte parole des femmes du district de Botowi

    En plus du calvaire de ces femmes, il faut souligner que l’eau qu’elles puisent est loin d’être de bonne qualité. Une situation dont est consciente madame Fatoumata M’balou Bah, une autre habitante de Botowi. « Actuellement, du matin jusqu’à 14 heures, nous ne faisons pratiquement rien d’autre que de chercher de l’eau. Souvent, on n’a même pas le temps de préparer le petit-déjeuner aux enfants. Notre marigot est à tout moment envahi par des femmes qui viennent pour puiser de l’eau et d’autres pour laver les habits de leurs bébés.

    Et il y a certaines femmes qui n’agissent pas avec attention, ce qui fait que l’eau est souvent sale. On retrouve même parfois des excréments dans le marigot. Face à cette situation, on avait mis en place une commission de surveillance. On a dit que toute personne qui sera prise en train de violer les principes, sera sanctionnée par le paiement d’une amende allant de 100 000 à 200 000 francs guinéens. Malheureusement, cette initiative n’a pas porté fruit, et le problème persiste toujours.

    Nous sommes obligés de puiser cette eau sale et aller la filtrer de façon vraiment rudimentaire pour boire. Si nous voulons organiser une cérémonie, il faut qu’on cherche de l’eau trois jours avant la date. Des fois, ce sont les voisins qui apportent de l’eau comme leur contribution à la réussite de la cérémonie », a expliqué cette citoyenne, tout en lançant un appel à l’aide pour permettre à son village d’avoir de l’eau potable et plus facilement accessible.

    « Nous profitons de votre présence chez nous pour adresser un message de plaidoyer aux autorités, aux ONG et à toutes les personnes de bonne volonté. Nous les exhortons à nous aider à avoir des forages pour sortir de cette souffrance. Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, on nous avait promis des forages et des toilettes, mais nous n’avons rien vu de tout cela pour le moment. Nous sollicitons vraiment de l’aide pour avoir de l’eau chez nous », a dit Fatoumata M’balou Bah.

    A noter par ailleurs que le district de Botowi n’a pas d’école ni de poste de santé. En cas de maladie, les habitants de cette localité sont obligés de se rendre à Kolenten (sous-préfecture plus proche de leur localité que celle de Linsan d’où ils relèvent) ou alors dans la ville de Kindia.

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