Congrès du PS : Olivier Faure largement en tête du premier tour
Lors d’un point-presse, Nicolas Mayer-Rossignol a affirmé que la dynamique était en sa faveur et « l’espoir possible », car il n’y avait « pas eu de plébiscite pour Olivier Faure ». Il a répété qu’il était le seul qui pouvait rassembler l’ensemble des socialistes, dont la moitié n’ont, selon lui, pas voté au premier tour. Il espère notamment récupérer les voix des électeurs d’Hélène Geoffroy, très hostile à Olivier Faure.
Artisan, pour son parti, de l’accord Nupes conclu en mai pour les législatives entre LFI, le PS, EELV et le PCF, Olivier Faure joue dans ce vote son poste mais aussi l’avenir de l’union, critiquée par ses deux rivaux.
« Le rassemblement ou le repli »
Au total quelque 41 000 adhérents pouvaient voter pour ce premier tour, entre 17 h et 22 h dans les locaux des sections. Mais le vote des 300 socialistes de l’étranger, les seuls à passer par un scrutin électronique entamé mercredi 11 janvier, a été annulé jeudi matin après « un acte de malveillance », selon la direction.
« Je vois l’état du PS comme une opportunité de reconstruire quelque chose, il y a un champ très clair pour la social-démocratie », a expliqué Thomas, adhérent de 40 ans, qui a repris sa carte depuis deux ans et qui est venu voter dans le local de la section Paris Centre (128 adhérents).
« Les idées socialistes ne sont pas enterrées, il faut maintenir la présence du PS, sur la base de l’unité de la gauche », a estimé Jacqueline Benassayag, 82 ans, qui n’a « jamais quitté le PS » depuis 1970, et dit ne « pas croire du tout que les gauches sont irréconciliables ».
Si l’accord Nupes a permis de garder un groupe de 32 députés socialistes à l’Assemblée nationale, malgré l’échec historique à la présidentielle de la candidate Anne Hidalgo (1,7%), il a aussi profondément divisé le PS, entraînant des départs et des dissidences aux législatives.
Pour Olivier Faure, il faut choisir entre « le rassemblement sans exclusive avec toute la gauche », et donc avec LFI, ou « le repli sur soi ». Le député de Seine-et-Marne, qui a l’appui de nombreux maires et de 45 parlementaires socialistes, ne cache pas son souhait d’un candidat commun de la gauche en 2027.
Hélène Geoffroy, soutenue par certains « éléphants » du PS, comme le maire du Mans Stéphane Le Foll, dénonce dans la Nupes une « inféodation » du PS à LFI, et avait promis que le parti quitterait l’alliance si elle gagnait.
Entre les deux, Nicolas Mayer-Rossignol a présenté une « voie centrale ». L’élu normand, qui a le soutien d’Anne Hidalgo et de la présidente d’Occitanie Carole Delga, décrit la Nupes comme « un accord passé perdant » et veut des « États généraux de la transformation sociale et écologique » pour « refonder la gauche ». Une position floue, selon Olivier Faure. « Je ne sais pas s’il est pour ou contre la Nupes ».
Le vote est scruté par les partenaires de la Nupes. « Si Olivier Faure perd, ce sera terrible », estime un député écologiste, « ça ne va pas nous aider », concède un élu Insoumis.
Avec AFP
