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Gestion du secteur sucrier au Sénégal : Une coûteuse volatilité politique

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Si les commerçants attribuent les hausses observées sur le prix de détail du sucre à la surprotection accordée à l’industriel (CSS), ce dernier réagit en pointant du doigt les rétentions de stocks et le gonflement des marges comme étant la vraie raison de la hausse des prix. Au-delà de ces rivalités, somme toute, normales dans une économie de marché, ce qui est en cause c’est plutôt l’absence d’une stratégie politique claire pour le secteur.

Les pertes et dommages d’une intervention politique erratique

Le sucre est le type de produit manufacturé pour lequel les pays en développement disposent d’un avantage comparatif sur les pays développés. Le Brésil assure 25% de la production mondiale de sucre (plus de 45 millions de tonnes), suivi par l’Inde (18%). Ce qui contraste avec les 5% des USA et les 8% de l’UE (selon le United States Department of Agriculture). Lorsqu’on considère les exportations, la prédominance des pays en développement est encore plus remarquable (plus de 50% de part de marché pour le Brésil, pour certaines années). Les pays développés produisent pour leur propre consommation, s’appuyant sur un réseau d’entreprises souvent inefficaces et lourdement subventionnées. Au Sénégal, le niveau de consommation estimé à un peu plus de 200.000 tonnes est couvert partiellement par la production et le reste par les importations.

Le niveau de protection du marché sucrier sénégalais est très lourd et complexe. Il comprend une protection tarifaire (droit de douane, TVA, et autres petits prélèvements), et une protection non tarifaire. La protection tarifaire donne lieu à un cumul maximal de tous les droits à 44.68%. En plus du dispositif tarifaire, le sucre a bénéficié jusque très récemment, d’un système de péréquation, au titre de la Taxe Conjoncturelle à l’Importation (TCI), s’appuyant sur un prix de référence, appelé prix de déclenchement. Si le prix à l’importation est inférieur au prix de déclenchement, tous les droits prélevés, incluant la TVA sont calculés sur la base du prix de référence et non plus sur la base de la valeur internationale du produit. Il s’y ajoute des droits additionnels équivalant à la différence entre le prix à l’importation et le prix de référence.

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De 2000 à 2010, où le prix de la tonne de sucre a été presque toujours inférieure au prix de référence (fixé à 325056 FCFA depuis 1999), le mécanisme de la TCI a joué en plein régime. Par exemple, en 2005, les importations se sont élevées à 60.000 tonnes. Etant donné que le prix international (mesuré par l’indice Mundi) était seulement de 131601 FCFA la tonne, nous obtenons un ratio prix domestique /prix mondial, pour cette année de 258%. En 2004, année qui constitue le pic de protection pour la période, le ratio était plus élevé (379%). Ce qui signifie que pour 2004, le prix du sucre au Sénégal était presque 5 fois plus élevé que son prix international.

La perte de bien-être (surcoût pour les consommateurs), résultant de cette protection, peut être approximativement mesurée par la différence entre le prix domestique et le prix international du sucre, ajusté des frais de transport, des marges de gros et de détails, et multipliée par la consommation totale. En prenant la période 2011-2013, par exemple, le consommateur sénégalais a acheté le kg de sucre 247 FCFA plus cher que le prix sur le marché international. En effet, alors que le prix moyen de détail, dans la période, est 666 FCFA, le prix international ajusté des frais de transport des marges de gros et de détail est 419 FCFA. Ce qui fait un total de 43 milliards de FCFA, si on considère la consommation totale de la période. Cette subvention des consommateurs à l’industriel représente presque trois fois la masse salariale (15 milliards) payée par la CSS à ses employés, dans la même période. Si on défalque les 7 milliards de droits de porte collectés par l’Etat sur le sucre, dans la même période, on se retrouve avec une perte nette pour l’économie nationale, en termes de surcoût, qui fait environ le double des avantages (droits collectés + masse salariale) de la protection pour le Sénégal.

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Avec la crise sanitaire de la Covid.19, l’accroissement du prix international, combiné à une libéralisation accrue du marché local, a conduit à une forte réduction du différentiel entre les prix domestique et international, affectant d’autant le niveau de protection de l’industriel. Avec l’avènement du nouveau régime, la TCI a été suspendue en août 2024 et la valeur de référence appliquée baissée à 290 euros (190240FCFA) la tonne. Pendant ce temps, le prix international montait à 301.441 la tonne, rendant impossible toute production locale avec une marge positive.

Sans surprise, on note depuis 2020, une augmentation très rapide des importations de sucre, qui sont passées de 97.577 tonnes en 2019 à 258.747 tonnes en 2023, selon FAOSTAT, soit une augmentation de 265 %. Cette forte augmentation (presque un quadruplement), en seulement trois ans, tend à accréditer l’idée que la production locale de sucre dans les trois dernières années a été marginale. Avec la récente mesure prise en août 2024, il faut s’attendre à des conséquences plus dramatiques sur la production nationale. Les hésitations de l’Etat sur le marché du sucre continuent ainsi de coûter très cher à l’économie nationale, soit en termes de subvention des consommateurs au producteur, soit en termes de perte de production.
 
Le jeu complexe de puissants groupes d’intérêt.

Le jeu des acteurs dans le secteur sucrier sénégalais laisse apparaitre quatre catégories d’acteurs :

Quelle que soit l’option politique choisie, y compris l’option par défaut de garder le statuquo, elle aura des répercussions économiques, sociales et politiques qu’il faudra également gérer.
Ahmadou Aly Mbaye
Professeur d’économie et de politiques publiques
Université Cheikh Anta Diop de Dakar
 

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